La châtaigneraie Cantalienne :

 

Comme la Castagniccia corse, elle tire son nom et son unité d'un arbre qui est parfois devenu une relique aujourd'hui, au moins dans ses parties les plus hautes. Le châtaignier touche à sa limite climatique vers 600 mètres d'altitude, or il s'est développe au-delà grâce aux soins assidus de l'homme. Que l'homme jardinier s'en détourne et le voilà vite rongé par les maladies et étouffé par les autres essences. Il tend alors quelques chétifs rameaux à l'extrémité de son énorme tronc creux et disparaît avec lui l'élément central de toute une civilisation rurale, en même temps que s'écroulent les derniers sécadous, où les châtaignes étaient autrefois enfumées une vingtaine de jours pour leur conservation.

Cette région est entrée de plain pied dans le XXe siècle. Elle est passée des landes à mouton, des médiocres champs de sarrasin, de seigle et de pomme de terre, de ses châtaigneraies traditionnelles, à l'élevage bovin pour la viande puis pour le lait. Elle a même ravi son usine laitière à Aurillac, reconstruite en son coeur, à Saint-Mamet, plus vaste et productive. Les hommes de la châtaigneraie ont investi la plupart des plus hauts postes des organismes agricoles du département.

C'est avec le même dynamisme, mais bien plus récemment , que la Châtaigneraie s'est tournée vers le tourisme. Elle est, il est vrai, un pays secret. Secret par ses échines, seules habitées en général et isolées les unes des autres par des vallées boisées et incisées avec force dans le plateau - l'une des rivières se nomme la Ressègue ( la "scie" en occitan)-,d'autant plus profondes qu'elles sont proches de la Truyère, du Lot ou de la Dordogne. Secret, il l'est encore par la discrétion de ses constructions, souvent humbles , mais tellement en harmonie avec la nature, les animaux et les hommes, mêlant influences de nord et influences méridionales, de façon parfois déconcertante. Tellement secret en somme qu'on en tombe amoureux lorsqu'on le parcourt à pied.

(Christian Marchi -LE CANTAL- aux éditions De Borée)

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MOURJOU Ce village isolé à l'extrémité d'une échine au dessus du Célé a gagné ses "galons touristiques" avec l'organisation chaque automne de la fête de la Châtaigne. Tout ce que la châtaigneraie, pas seulement cantalienne, compte d'amoureux des traditions rurales se donnent rendez-vous, pendant deux jours, dans ce village quel que soit le temps. Le village est typé par son clocher assez rare dans le Cantal. Sur la place s'élève une maison bourgeoise du XVIIIe siècle qui a belle allure.

(Christian Marchi -LE CANTAL- aux éditions De Borée)

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