MEALLET cité détruite

 

La seigneurie de Meallet appartenait à la famille de ce nom puisque on note déjà son existence au XIIIème siècle.

Suivant les fouilles que l'on a faites au pied du rocher, sur lequel était bâti le château,il a dû exister très anciennement un village où de nombreux habitants résidaient, et devaient être employés à diverses tâches pour les besoins du château. Un souterrain permettait à la population de se réfugier dans la basse cour du château.

On a retrouvé, il y a pas mal d'années, une mesure-étalon en pierre qui servait sur les marchés de Meallet où l'on venait de fort loin. Il existe dans le secteur un emplacement que l'on appelle encore de nos jours : le Foirail.

Meallet était situé sur le chemin du Carladès.

 

- § § § §-

 

 

 

Souterrains

Les souterrains ont toujours suscité des "légendes" a leur sujet.

- § -

Au château de Chaules, un veau d'or serait resté caché. Les occupants Anglais ayant dû fuir précipitamment lors de la prise du château.
Selon l'imagination de chacun, la taille et le poids du veau peut évoluer.

- § -

A Sadours, les anciens racontent que lors d'une chaude journée d' été, alors que les gens de la ferme, aidés par les voisins étaient occupés par les battages; un taureau, sans doute agacé par les taons, se serait élancé vers les bois, et aurait pénétré dans l'entrée d'un souterrain. Accourus pour reprendre l'animal, les gens auraient entendu meugler la bête, sans pouvoir la récupérer; celle ci s'étant engagée profondément, et ne pouvant faire demi tour dans le souterrain.

- § -

En d' autres lieux, lors de travaux de terrassement, le sol s'affaisse sous les roues d' un tombereau chargé par la terre de déblais. Le chargement du tombereau sert à combler le trou ainsi mis a jour.

- § -

Dans un champ, lors d' un labour, le fermier sent la roue arrière de son tracteur s'enfoncer brutalement dans le sol. C'est la voûte d' un souterrain qui vient de céder sous le poids.

- § -

Par crainte d'accidents, ces tunnels souterrains découverts fortuitement, ont été rebouchés aussitôt. Il est vrai que pour de jeunes adolescents, la tentation est grande de se glisser dans ces ouvertures. Certains ont essayé, mais devant la difficulté, et le danger d' éboulement, ont renoncé à leur entreprise.

C'est tant mieux; ainsi le mystère perdure.

 

 - § § § -

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dérivés :

 

Cultivé pour son fruit qui peut se manger cuit à l'eau, grillé, ou qu'il est possible de faire sécher pour une consommation ultérieure, le châtaignier donne en plus des matériaux pour la confection d'objets d'usage courant.

Les rejets, au bois encore jeune et souple,et après un travail de préparation, sont utilisés pour la fabrication de paniers, de corbeilles à linge, de pinces pour ramasser les châtaignes.

Bien des outils à main étaient emmanchés de ce bois préalablement durci au feu pour le rendre plus résistant. Manches de Fourches, de Pioches, de bêches, de pelles, étaient réalisés ainsi. D' autres outils, tels les râteaux à foin, étaient confectionnés entièrement avec ce bois là.

Les piquets de clôture étaient, et sont encore tirés du châtaignier.
Les plus beaux arbres servaient pour la menuiserie, ou les charpentes. D'autres trop tordus pour répondre à ces utilisations, partaient en usine pour l'extraction du tannin. Même les souches arrachées et fendues servaient pour alimenter le feu dans le "cantou".

Les feuilles aussi étaient utilisées. Elles étaient ramassées à l'automne, lorsque la chute était terminée, pour servir de litière au bétail dans les étables.

Pour le jeux , l'écorce des jeunes branches, délicatement enlevée et émincée, servait à la confection de "cabretous". Avec une entaille en spirale, il était possible d' obtenir un ruban d' écorce qui permettait de constituer le corps d'une trompe.
Deux lanières d' écorce correctement pliées et maniées, devenaient un claquoir.
Une branche bien choisie se transformait en arc avec un bout de ficelle, alors que d'autres plus fines étaient les flèches.

 

Le châtaignier était bien l'arbre le plus impliqué dans la vie de la région à laquelle il a donné son nom. Il a apporté les matériaux pour le gîte, une part de la nourriture, et également participé aux gros travaux, aussi bien qu'aux jeux des plus jeunes.

 

 - § § § -

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pelamourgue

EXRAIT DE CANTAL ACTUALITES

PORTRAITS DE LA REVOLUTION DANS LE CANTAL :

 

M. DE PELAMOURGUE

 

 

Les portraits de la révolution que nous présentons intéressent tout le Cantal. Nous voici dans la châtaigneraie profonde plus exactement au manoir de la Guillaumenque, paroisse de Cassaniouze où vit une extraordinaire famille dont le chef est Jean-Louis Benjamin de Pèlamourgue . Son épouse Catherine-Gabrielle-Marie est la fille d'un lieutenant criminel d'Aurillac et lui a donné quatre enfants. La vie est paisible sur ce domaine. M. de Pélamourgue surveille la culture de ses terres et l'élevage d'un mince troupeau.
C'est alors que survint la Grande Révolution. Elle est dirigée par des juristes austères et quelques exaltés au premier rang desquels se trouvait Jean-Baptiste Milhaud. Il recruta dans sa commune natale d' Arpajon une bande de deux milles hommes, les exerça militairement au camp de griffeuilhes près de Senilhes puis les lança sur les manoirs de las Châtaigneraie: Ladinhac, Labesserette,Montlogis, Senezergue qui furent brûlés, ce que l'on appelle les illuminations arpajonnaises. Milhaud télécommande ensuite une opération sur Montsalvy mais il laissa la bande sous la direction de quelques exaltés dont le fabre d' Arpajon qui brandissait sa hache en disant : elle a coupé la tête de Niocel, il faut qu'elle coupe la tête du maire et du curé...Ceux -ci réussirent à s'échapper mais l'ancien lieutenant-criminel Colinet de Niocel avait été massacré dans une maison du centre d'Aurillac et il était le père de Mme de Pélamourgue. Il avait 72 ans.
On comprend l'inquiétude que régnait à la Guillaumenque. Les nobles commencent à émigrer et M. de Pélamourgue se réfugia à Lyon - donc sans quitter la France - et sa femme le suivit en 1794.
Pendant leur absence eut lieu la vente des biens dits nationaux et Revel de Calvinet se porta acquéreur de ce que possédait M. de Pélamourgue et il les paya avec une poignée d'assignats que n'avaient guère de valeur.
A son retour, de Pélamourgue voulut rentrer en possession de ses biens et il en fit la demande à Revel qui refusa de les céder. Nous voyons alors le maître de la Guillaumenque employer la manière forte et, à l'imitation de Milhaud, organiser ce que l'on appelle la bande de Cassaniouze qui en juin 1799 récupère une partie du bétail dont un taureau, une paire de boeufs, quatre génisses, dix vaches et quatre veaux.
En novembre de la même année, de Pélamourgue range sa troupe en bataille sur la place de Calvinet et investit la maison de Revel qui bien sûr, s'est échappé mais sera tué un peu plus tard en allant à une foire à Montsalvy.
Entre temps, un prêtre réfractaire encadré par les gendarmes était délivré ce qui amusait beaucoup les paysans de la châtaigneraie qui couvraient les cachettes de celui qu'il considéraient comme proche d'eux. Mais les agitations de la révolution se faisaient lointaines et le forces de l'ordre sont décidées à mettre le paquet. De Pélamourgue est cerné dans la maison de sa femme à Mourjou. Un gendarme encore trouve la mort. Les disciples de Pélamourgue, Battut et Périer furent guillotinés à Aurillac le 12 Août 1802.
La chouannerie dans la Châtaigneraie était finie. Elle allait continuer sous une nouvelle forme d'origine religieuse la Petite Eglise.

Antoine TRIN

 

- § § § -